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"Oh mon dieu, sors le baume du tigre Cole"

Oui, hop, bonjour c’est moi. Slt sava ? Comment ça sept mois ? Comment ça je n’ai plus aucun lecteur ? Ah. Mais c’est que je suis lyonnaise maintenant ! A moi EA, Namco Bandai et autres magnats des jeux vidéo, quand je leur ferai comprendre que je suis indispensable à leur communication externe. A tous. Ils ne le savent pas encore, c’est tout.

En attendant, parlons de L.A. Noire qui lors de sa sortie avait eu la chance de bénéficier d’une campagne énorme de pub, de bouches à oreilles et de relais par les journalistes non-spécialisés se disant « Tiens voilà un jeu vidéo que tout le monde connaît … mais en parler est une idée géniale, vite, que je sorte mes 36 dossiers de presse pour montrer que je n’écris pas n’importe quoi ! ». Mais vous savez ce que l'on dit hein : plus la petite indélicatesse dorsale fera mal, plus il faudra communiquer. On n’encule pas par surprise voyons !

Bref, je pense que cette dernière phrase résume à peu près ma pensée sur le jeu qu’est L.A. Noire. Je ne vais pas mentir, je l’ai attendu comme une petite folle et lorsque je l’ai eu entre les mains, mon euphorie était palpable. Je venais d’être bercée par cette musique (Compass pour les flémards) et par un final grandiose, alors inévitablement, inéluctablement, fatalement, immanquablement je me suis mise en tête que le prochain bébé RockStar Games serait une tuerie. Euh… Pour RockStar, deux frères fondateurs, qui ne connaissent rien du tout à la programmation en jeux vidéo, audacieux et créatifs, savent bien s’entourer, plein de studios tout partout pleins de petits développeurs doués, GTA, Manhunt, Max Payne, d’autres, et un jeu de ping pong pour se racheter de leur mauvaise réputation du début des années 2000.

L.A. Noire, inspiré du roman L.A. Noir de Thomas Epperson ? Je ne sais pas trop, car pas lu, mais le résumé du bouquin n’a absolument pas l’air de coller à l’histoire du jeu … Dont je me suis écartée à force de parler ! Je vais essayer d’être claire et de diviser en quelques points ce que j’ai envie de dire, tout a déjà été dit. Mais je ne l’ai pas aimé, donc je ne vais pas me gêner.

Cole Phelps, c’est le mec à droite sur l’image un peu plus haut. Cole a participé à la guerre contre le Japon, Cole est maintenant dans la L.A.P.D. (HELL YEAH !) à prononcer à l’anglaise parce que sinon vous vous ramasserez une baffe. Los Angeles Police Department. Cole est un homme qui aime sa femme et ses enfants. Cole est un homme, mais il a des fêlures (Copyright Bref, je sais, mais ce passage me fait tellement marrer).

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"Je suis un homme ... ... mais j'ai des fêlures"

En tout cas chapeau bas pour les scénaristes, le scénario est magnifiquement ficelé. La « psychologie » des personnages est profonde, ce qui permet, ou non, de s’y attacher et d’adhérer au maximum à l’histoire. Cette dernière conte l’ascension puis l’anéantissement de la carrière d’un homme qui a finalement ponctué sa vie de mauvais choix, tentant de se rattraper à son rôle de salvateur.  J’ai réussi à ne pas compatir au malheur du héros, c’est sans doute pour cela que je n’ai pas entièrement apprécié le jeu. D’autant que celui-ci veut que l’on délaisse totalement le personnage principal qui devient « out » pour s’intéresser à un autre. Peut-être qu'au lieu d’assister à l’éloignement de Cole j’aurais apprécié suivre l’enquête à son niveau d’outsiders. 

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Paul Ekman et Tim Roth devineraient direct ce qu'il se trame

Par contre au niveau du gameplay comme je me suis ennuyée ! Course poursuite, enquête, cinématique, course poursuite, enquête, cinématique, enquête, course poursuite, interrogatoire, cinématique. Répétitif, les quelques missions (braquages, vols, agressions, etc.) que je pouvais localiser avec la radio se soldaient pratiquement de la même manière. Mais elles rapportaient des points. Enfin bon les seules phases que j’ai trouvées intéressantes ont été celles d’analyses de scènes de crimes et les questions posées aux témoins ou aux suspects lors des interrogatoires. Alors oui c’est une grande partie du jeu mais c’est assez maladroit car les expressions faciales (qui trahissent les véritables pensées des interrogés) sont souvent les mêmes. Et puis en plus, peu importe les choix que je faisais (inculper le mauvais suspect) cela ne changeait rien au jeu ! Mais c'est cool de pouvoir torturer les PNJ quand même. Le mec il est traumatisé, et tu lui sors un beau TU BLUFFES FIEFFE MENTEUR (en gros). C'est magique. Parfois c'est aussi beaucoup plus fin, t'as l'impression d'avoir Hannibal Lecter en face de toi alors à ce moment, c'est bien toi qui fais moins le malin, chenapan.

 

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"Tu bluffes Martoni"

Les analyses de scènes de crimes ne changent pas beaucoup non plus, ça reste grosso modo la même chose à part lorsque le héros rétrograde aux incendies (là c’est carrément soporifique). La montée d’adrénaline qui m’avait quittée au fur et à mesure du jeu est revenue à la fin … mais gâchée par des indices trop rapidement dévoilés ! Genre, t’as des lieux sur la carte (qui est gigantesquement inutile d’ailleurs, j’y reviendrai), tu passes devant en voiture et hop en pleine course poursuite tu peux quand même te rincer l’œil sur les monuments historiques de Los Angeles (amis conducteurs, ceci n’est pas à faire). Ces lieux révèlent leur utilité à la fin, mais t’as genre à peine CINQ foutues minutes pour trouver la réponse aux énigmes que l’espèce de psychopathe que tu recherches depuis le début te pose ! Juste, laissez la réflexion s’installer, je m’en fous des joueurs qui ne savent aujourd’hui plus réfléchir pour avancer dans un jeu, qui s’énervent et qui le délaissent pour passer à autre chose parce qu’il y a de supers promos étant donné que les hangars sont pleins chez les distributeurs (enfin chez les deux ou trois pauvres sous-traitants de France). Et oui, aujourd’hui il y a tellement de sorties que quelques mois à peine après la sortie d’un jeu en version boîte, celui-ci connaît miraculeusement une baisse de prix : vider les stocks il faut, car plus de place dans les hangars il n’y a. Donc on comprend pourquoi un joueur doit terminer un jeu rapidement pour pouvoir passer à autre chose en l’ayant tout de même terminé. Mais merde, non.

Ah ouais donc j’en étais aussi à la carte ! Cette carte elle est dingue, c’est le genre de carte dont je rêverais dans un GTA. Oui mais voilà, là, elle est dans L.A. Noire donc par essence inutile. Mais, ce jeu est un RockStar, la liberté doit être totale dedans, n’est-il pas ? Que nenni, elle ne sert à rien. Parce que de toute façon dès que j’ai souhaité me libérer de la trame principale il n’y avait rien à faire, donc autant reprendre l’enquête ou les missions ponctuelles. Sinon vous pouvez aussi chercher des monuments, ou … des voitures de collection. DAMN. J’aurais rêver incarner Cole, policier irréprochable (lors de la première moitié du jeu) durant ses heures de travail et chauffard en dehors. Ou pervers. J’ai cherché les prostituées, en vain. Enfin …

Huuummm, les graphismes déglinguent, sinon, et la musique te met bien l’ambiance aussi. Surtout que le côté noire des années 1940 est bien retranscrit, du moins de l'image que je m'en fais et des choses que j'ai pu voir car je n'y étais pas pour pouvoir correctement comparer. Et je m’arrête là parce que je n’ai absolument pas préparé cet article.

Je n’ai pas compris ce jeu. Bien évidemment tout ce que je souhaite c’est que chaque personne comprenne qu’un jeu vidéo se vit et se ressent autant qu’un livre ou qu’un film, voire davantage puisque l’avatar est présent. Mais là … Je n’ai pas joué. Enfin je sais pas, j’ai pleuré devant Okami, devant Zelda, devant FF7, devant Farenheit, devant Ghost Trick, devant Mass Effect, devant Silent Hill (1/2/4) ou kiffé ma race devant Persona 4, et ces jeux sont bien des jeux, j’ai joué, j’ai ressenti l’histoire.

Avec L.A. Noire j’ai cet espèce de goût amer, je n’ai pas joué, j’ai regardé et accompli des actions de temps en temps pour avancer. Ce n’était même pas compliqué. C’était beau et prenant oui, comme un film, mais je ne me suis pas sentie impliquée. Même lorsque je jouais à Sonic ou Ristar sur Megadrive je m’amusais comme une petite folle. Je ne comprends pas qu’il soit répertorié en tant que « claque » vidéoludique, je ne partage pas cet avis et ne salue même pas l’exercice  non dissimulé de copier l’art cinématographique. 

Certains jeux ont merveilleusement réussi la manœuvre, sans toute cette prétention.